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Sidi Bou Saïd | La municipalité siffle la fin de la récréation

Conformément à la décision de la Commission régionale chargée de la prévention et de la lutte contre les catastrophes naturelles réunie le 23 janvier 2026, il a été décidé d’interdire les amplificateurs de son (baffles) dans le village de Sidi Bou Saïd, construit sur un sol fragile et faisant face à l’érosion marine et aux glissements de terrain, comme cela s’est une nouvelle fois vérifié lors des fortes pluies de la semaine dernière.

Nebil Maghraoui *

Le bruit et le tapage, diurnes et nocturnes, sont réglementés et réprimandés en Tunisie. Tout ce qui trouble la tranquillité d’autrui est considéré comme abus et est puni d’amende, qu’il s’agisse d’une fête (bruit ponctuel), d’aboiements (bruits répétitifs) ou de musique (forte, tardive et ponctuelle).

La nuisance sonore en Tunisie mais aussi partout dans le monde est réglementée et les contrevenants sont redevables devant la loi. Le code du travail considère le bruit comme un facteur de pénibilité. Le code de la santé pointe le bruit des machines et celui de la route interdit les klaxons.

Cortèges de mariage escortés par des motos rodéos

Par ailleurs, la Tunisie est signataire de la plupart des conventions internationales relatives à la préservation de l’environnement et de la santé publique, comme celles de l’Organisation mondiale du travail (OIT) ou de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Or, la plupart des normes internationales considèrent un niveau de 85 décibels comme une limite au-delà de laquelle il y a nuisance. Il y a aussi la résolution n° 1776 pour la protection contre la pollution sonore et lumineuse adoptée par le Parlement européen le 12 novembre 2010.

Si la décision de la Commission régionale de prévention et de lutte contre les catastrophes naturelles s’est attaquée à la source même du tapage nocturne, les fêtes nocturnes organisées jusqu’au petit matin pour les mariages dans des résidences privées et les cortèges de mariage escortés par des motos rodéos, on ne peut que s’en réjouir.

Quand au moins 5 espaces privés à Sidi Bou Saïd (sans les citer) organisent des fêtes et des mariages privés particulièrement en été, imaginons le résultat : 100 voitures traversent le village à chaque fête. Cela fait 500 voitures en 5 soirées. À multiplier par la quantité de CO2 et de décibels dégagés ainsi qu’avec le nombre de vibrations provoquées. On mesure l’impact à la longue sur l’environnement. Voilà pourquoi j’approuve et soutiens personnellement cette mesure de lutte contre les agressions sonores.

De plus, avec tous ces véhicules en moins, la colline sera soulagée et le risque d’érosion sera moindre.

Quand la municipalité siffle la fin de la récréation, de l’anarchie, du sur-tourisme et du laisser-aller général, et bien, il faut l’encourager.

Les gens se plaignent bien du désordre et quand des efforts sont faits pour rétablir l’ordre, il ne faut pas s’en plaindre, mais plutôt applaudir.

Il s’agit là d’une décision officielle prise au niveau d’une commission régionale présidée par le gouverneur. Il faut la respecter et l’appliquer scrupuleusement.

Bien sûr, les commerçants ont le droit de protester et de défendre leur gagne-pain, en exigeant l’arrivée des voitures et des bus touristiques jusque devant leurs commerces, mais l’Etat est responsable de la sécurité de tous et ne peut légiférer dans un esprit corporatiste ou au plus près d’intérêts particuliers.

* Citoyen de Sidi Bou Saïd.

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