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«Rihou issed, yiddi ma yrod», dit l’adage bien tunisien — qu’ils partent, pourvu qu’ils ne reviennent pas gonfler les rangs des chômeurs. Ces expats injectent presque 10 milliards de dinars de transferts par an, ils sont plus de deux millions de Tunisiens fantômes, et un État qui ne veut compter que leurs transferts précieux en devises, que le système bancaire récupère au passage avec des frais usuraires (allant à 8%). Dramatique… (Photo : Des expatriés débarquent au port de La Goulette pour passer leurs vacances au pays.) Moktar Lamari * Voilà, résumée en un seul dicton populaire, toute la doctrine non écrite de l’État tunisien à l’égard de sa diaspora : on ne veut pas savoir combien sont-ils, qui ils sont, où ils vivent, ce dont ils ont besoin — mais on veut, chaque année, leurs devises, comptée au dinar près et célébrée en conférence, dans des hôtels climatisés avec des discours indignes de la Tunisie d’aujourd’hui. L’Utica aux aguets… Samir Majoul, prés...