Même s’il n’est pas honoré comme il le mérite dans son propre pays, où il passerait presque inaperçu dans la rue, Habib Selmi reste le romancier tunisien le plus en vue, le plus lu et le plus célébré à l’étranger. Il est, en tout cas, l’auteur arabophone tunisien le plus traduit dans les langues du monde et le plus publié à l’étranger. Dans son nouveau roman ‘‘أيتها القبرة’’ (Alouette, jolie alouette !), paru aux éditions Dar Al Adab (Beyrouth, 2025, 229 pages), on retrouve ses atmosphères intimistes où les éléments du quotidien finissent par se draper d’un voile de mystère et d’étrangeté. Ridha Kefi On retrouve aussi dans ce treizième roman les thématiques chères au romancier, professeur d’arabe de son état qui vit à Paris depuis le début des années 1980 : la douce douleur de l’exil, la nostalgie de l’enfance, dans le village d’El Âla, au cœur de la campagne kairouanaise, et le choc des cultures, exprimé chez lui sans animosité ni violence, comme une quête de soi à traver...