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«Décrochage historique» de la Tunisie en matière de liberté économique  

La plus grande menace pour l’économie tunisienne, ce n’est pas la hausse des cours mondiaux de l’énergie suite à la guerre israélo-américaine contre l’Iran, même si celle-ci va creuser davantage les déséquilibres macroéconomiques de l’Etat et son déficit budgétaire déjà préoccupants, mais l’absence (ou le report sine die) des réformes structurelles nécessaires qui risque d’enfoncer durablement le pays dans la catégorie des pays stagnants.

Latif Belhedi

Dans ce contexte, l’économiste Hachemi Alaya a tiré la sonnette dans sa lettre d’information hebdomadaire ‘‘EcoWeek’’ (n° 11-26 du 15 mars 2026) en soulignant ce qu’il a appelé le «décrochage historique» de la Tunisie dans l’Economic Freedom Index publié par la Heritage Foundation. Notre pays y a obtenu, en effet, en 2026, son plus mauvais score (48,1/100 points) et son plus mauvais rang (156e/176) depuis 1995, année où il a signé son accord d’association avec l’Union européenne. Ce score vaut à la Tunisie d’intégrer la catégorie des pays où la liberté économique est «réprimée».

Conclusion de l’économiste, qui passe en revue les résultats d’autres études internationales corroborant ce «décrochage historique» de notre pays en matière de liberté, «dans sa triple dimension politique, économique et État de droit» : «Sans réforme de la justice et sans libéralisation économique, la prospérité économique de la Tunisie restera plafonnée. Il importe peu que les indicateurs macroéconomiques soient bons, les investisseurs étrangers resteront frileux sans une amélioration de l’État de droit.»

Entre lourdeurs administratives, instabilité monétaire et corruption, le climat des affaires ne cesse de se dégrader, provoquant stagnation économique, chômage élevé, notamment chez les jeunes, et fuite des compétences à l’étranger.

On est décidément loin, très loin, des dynamiques entrepreneuriales des années 1990-2000 qui ont vu la Tunisie enregistrer une croissance annuelle moyenne de 5 % et être classée parmi les pays pré-émergents.   

* * *

Nous traduisons, par ailleurs, ci-dessous la fiche ‘Tunisie’ du l’Economic Freedom Index 2026 :

«L’indice de liberté économique de la Tunisie s’élève à 48,1, la plaçant au 156e rang mondial selon l’Indice de liberté économique 2026. Ce score a baissé d’un point par rapport à l’année dernière, et la Tunisie se classe 11e sur 14 pays de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord. Son indice de liberté économique est inférieur aux moyennes mondiales et régionales. L’économie tunisienne est considérée comme «réprimée» selon l’Indice 2026.

La Tunisie traverse une transition difficile et des réformes plus profondes, notamment des mesures visant à renforcer le système judiciaire et à lutter plus efficacement contre la corruption, sont indispensables pour améliorer la gouvernance politique et économique. Le cadre réglementaire demeure opaque et inefficace. Le marché du travail, à la fois rigide et stagnant, n’a pas permis de générer une croissance dynamique de l’emploi. Les entreprises publiques continuent d’influencer les prix. Le gouvernement a mis en œuvre des taux d’imposition plus élevés, dont une taxe de 40 % sur les banques et les compagnies d’assurance, afin de réduire le déficit chronique.»

L’article «Décrochage historique» de la Tunisie en matière de liberté économique   est apparu en premier sur Kapitalis.



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