En la personne de Afif Hendaoui **, la Tunisie a perdu, lundi 30 mars 2026, l’un de ses esprits les plus solides, les plus exigeants, les plus profondément engagés dans la compréhension de ses fragilités économiques. Avec lui disparaît une voix rare, celle d’un économiste qui n’a jamais cédé ni à la facilité des slogans, ni à la complaisance des diagnostics convenus. Moktar Lamari * Formé en Belgique, dans une tradition académique rigoureuse où l’économie n’est pas un simple outil de gestion mais une grille d’analyse du réel, Afif Hendaoui avait très tôt acquis ce qui distingue les grands économistes des techniciens : une capacité à articuler théorie et terrain, chiffres et société, modèles et vécu. Cette double culture, européenne par la formation et profondément tunisienne par l’engagement, a irrigué toute son œuvre. Professeur respecté, puis recteur, il n’a jamais réduit l’université à une machine à diplômes. Il en défendait une vision autrement plus ambitieuse : celle d’un l...