Cinq parties composent ‘‘Un dernier pour la route’’, le dernier recueil d’Abdellatif Laâbi : «Premières gorgées», «J’essaie d’écrire un poème sur Gaza», «Saudade», «Six mois après» et ‘‘Un dernier pour la route’’. Un livre à l’écriture épurée, simple d’accès, sans emphase ni fioriture de langage où le poète va à l’essentiel, pour faire le bilan d’une vie et interroger la poésie, dans le même temps.
Le poète marocain, dont l’œuvre militante n’est pas à prouver, depuis fort longtemps, apparaît ici comme apaisé, avec un brin de légèreté appréciable (noblesse de l’âge exige ?), sans cri ni colère, mais attelé à une célébration des bonheurs qu’il oppose à la mélancolie et aux retors de l’Histoire et de l’actualité. Il y a comme un besoin de retrouver la solitude du désert et sa plénitude contre le fracas du monde et son oppression.
Méditations intérieures, arrêts sur des souvenirs intimes, questionnements, stations dans des voyages comme des repères et des jalons lumineux dans un paysage obscur.
La distance, parfois ironique ou même moqueuse, n’est pas sans gravité, n’est ni détachement ni indifférence mais une volonté de déjouer et rejeter la douleur personnelle ou collective, le poids du monde.
Alléger la parole, s’envoler avec ses vers et fuir des cages de toutes sortes afin de se sentir libre. Il y a comme un défi au poème-discours, à la barrière thématique pour s’émanciper de la docte idéologique. Le poète donne à la parole une voix centrale, l’expression de l’ontologique. N’est-ce la raison d’être du poème et sa vérité ?
Ce livre, aux poèmes à la forme multiple, se lit comme un récit avec confidences inattendues et aveux affirmés qui pourraient surprendre ou contrarier plus d’un parmi les dogmatiques de la poésie.
Tahar Bekri
* ‘‘Un dernier pour la route’’, de Abdellatif Laâbi, Ed. Le Castor Astral, 2026, 130 p. 16E.
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