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Europe-Maghreb-Afrique | Les voies du codéveloppement  

Bien que l’Union européenne (UE) ait actuellement des accords commerciaux avec plusieurs pays sud-méditerranéens, le contrôle des migrations a été sa principale priorité ces dernières années. Plutôt que le développement des échanges commerciaux et l’intégration économique. Pourtant, ces trois blocs voisins auront beaucoup à gagner à impulser leurs échanges commerciaux et l’investissement dans les infrastructures énergétiques, technologiques et de transport.

Benjamin Fox

Les liens économiques entre l’Afrique du Nord et l’Europe pourraient accroître l’économie de la région de 67 milliards de dollars (56,8 milliards d’euros), a déclaré Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). S’exprimant lors d’une conférence à Alger le 5 février 2026, elle a présenté un nouveau rapport du Fonds indiquant qu’un ensemble de réformes visant à renforcer les liens économiques entre l’Afrique du Nord, l’Europe et l’Afrique subsaharienne pourrait stimuler les exportations nord-africaines de 16 % et le PIB de plus de 7 %, soit une augmentation de la production économique de 67 milliards de dollars.

Mme Georgieva a souligné que les droits de douane moyens à l’importation en Afrique du Nord s’élèvent à 7 %, un taux supérieur à celui de nombreux pays d’Asie du Sud, du Golfe, de l’UE et d’Afrique subsaharienne.

Réduire les barrières commerciales

Alors que l’Europe absorbe la majeure partie du commerce de l’Afrique du Nord, les échanges entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne sont négligeables, ne représentant que 4 % des exportations et à peine 1 % des importations, a ajouté Mme Georgieva.

Selon la DG du FMI, la réduction des barrières commerciales intra-africaines, notamment les droits de douane, et le renforcement des réseaux de transport et des oléoducs régionaux permettraient de générer l’essentiel des gains économiques.

«L’Europe cherche à développer ses partenariats commerciaux. L’Afrique subsaharienne cherche à exploiter le potentiel de ses vastes ressources et de sa population. Et l’Afrique du Nord offre de nombreuses opportunités d’investissement et de partenariat», a déclaré Mme Georgieva.

La faiblesse du commerce intra-africain, qui représente moins de 20 % du commerce total du continent, constitue un problème économique persistant.

Les dirigeants africains se sont engagés à créer une Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), mais l’harmonisation de la réglementation prendra probablement des décennies.

Pacte pour la Méditerranée

De son côté, la commission von der Leyen a également promis de privilégier les relations avec les pays d’Afrique du Nord et du Maghreb, en dévoilant un Pacte pour la Méditerranée en novembre dernier.

Le gouvernement chypriote, qui a pris la présidence tournante de six mois du Conseil de l’UE en janvier, a placé les relations avec la région méditerranéenne au cœur de son programme.

La semaine dernière, le président Nikos Christodoulides a déclaré que les premiers projets de coopération concrets, dans le cadre de ce pacte, seraient présentés lors d’un sommet des dirigeants européens à Chypre les 23 et 24 avril.

Nicosie jouera un rôle moteur «en s’appuyant sur sa position géographique, sa crédibilité politique et sa connaissance des spécificités de la région», a ajouté M. Christodoulides.

Bien que l’UE ait actuellement des accords commerciaux avec certains pays du sud de la Méditerranée, le contrôle des migrations a été sa principale priorité ces dernières années, plutôt que le développement des échanges commerciaux et l’intégration économique.

Ses accords de «financement contre contrôle des migrants» avec la Tunisie, l’Égypte, la Mauritanie et la Jordanie représentent un montant total de 10 milliards d’euros, et la Commission a mis en avant la baisse du nombre de passages irréguliers par les routes méditerranéennes comme preuve de leur efficacité.

Toutefois, ces accords ont également promis des milliards d’euros d’investissements dans des projets d’énergie verte, notamment l’hydrogène vert, que l’exécutif européen souhaite promouvoir afin de mettre fin à la dépendance persistante des Européens vis-à-vis des combustibles fossiles russes.

L’attraction des talents du Sud

Outre les mesures de relance économique, la vice-présidente de la Commission, Dubravka Šuica, a également promis que l’UE renforcerait ses partenariats pour les talents avec le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, et faciliterait la délivrance de visas.

Le nombre de premiers permis de séjour liés à l’emploi pour les ressortissants de la région a fortement augmenté au cours de la dernière décennie, passant de 34 000 en 2013 à 75 000 en 2023. Le Maroc, la Tunisie et l’Égypte représentent 85 % de ces permis.

Parallèlement, la Commission a proposé d’allouer 42 milliards d’euros à la région méditerranéenne dans son prochain cadre budgétaire septennal. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré que ce montant permettrait de soutenir plus de 100 initiatives concrètes.

Cependant, les détails concernant la part de ces nouveaux financements restent flous.

«En l’absence de ligne budgétaire dédiée et avec la plupart des fonds extérieurs de l’UE programmés jusqu’en 2027, le succès du Pacte dépendra des contributions des États membres et du secteur privé, notamment pour les nouvelles initiatives régionales», a déclaré Helena Hahn, analyste politique au sein du groupe de réflexion European Policy Centre.*

Traduit de l’anglais.

Source : Euro Oberver.

* Le titre et les intertitres sont de la rédaction.  

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