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Il était une fois Dr Slim Maherzi

Il venait tout juste de célébrer, le cœur débordant de bonheur, la naissance de son petit-fils Aziz. Il était si fier et si heureux d’être un jeune grand-père avec cette joie lumineuse qui restera à jamais gravée dans nos mémoires. Père de famille exemplaire, époux aimant, il incarnait la générosité dans tout ce qu’il entreprenait.

Lotfi Maherzi *

D’abord brillant volleyeur au club de l’Avenir de la Marsa, puis joueur décisif au sein de l’équipe nationale de Tunisie, il participa aux plus grandes compétitions internationales, portant haut les couleurs de son pays lors des Coupes du monde et des Jeux olympiques

Mais c’est auprès des enfants qu’il trouva sa véritable vocation. Après une longue formation de pédiatre, il devint rapidement une figure incontournable de La Marsa où des générations entières ont grandi en passant par son cabinet.

Pour beaucoup et notamment pour les plus modestes, il fut bien plus qu’un médecin : un repère, une présence rassurante, un homme qui savait écouter et comprendre plaçant toujours la solidarité, l’entraide et le partage au cœur de son engagement. Toujours attentif aux plus humbles et aux plus démunis, il leur tendait la main sans jamais attendre un retour. Son aide, discrète mais constante, était guidée par une conviction simple : celle que la dignité humaine méritait soutien et compassion.

La parole libre du citoyen médecin

Mais le Dr Slim Maherzi ne pouvait pas se contenter de soigner les enfants. Il voulait aussi soigner sa cité, convaincu que l’engagement ne devait pas se limiter aux mots. Il décida alors de mettre son cabinet entre parenthèses pour se consacrer à sa ville. Élu démocratiquement à la tête du conseil municipal de La Marsa avec un projet profondément citoyen, il entreprit, le temps d’un printemps, à redonner à la ville ce qui faisait sa singularité réputée : son visage lumineux, sa culture et son esprit d’avant-garde.

Pendant un moment, ce rêve a pris forme, mais face aux inerties et aux pesanteurs de la machine bureaucratique, aux réticences du politique et à l’hostilité de la mafia de l’immobilier, il a su se retirer avec dignité, fidèle à ses principes et à sa conscience. Refusant toute compromission, il préféra la noblesse du silence et la force de l’intégrité à l’attrait des honneurs ou des concessions.

Mais ce retrait ne fut jamais un renoncement. Car même loin du pouvoir municipal, il continua d’incarner la parole libre du citoyen médecin, opposant aux puissants de l’époque la seule force qui ne trahit jamais : celle de la parole juste et de la foi en la justice.

Des graines d’espoir, de fraternité et d’entraide

Homme de culture, doté d’une immense curiosité intellectuelle, d’une éthique et d’une déontologie irréprochables, débatteur hors pair, le Dr Slim Maherzi était un patriote exemplaire, un homme de convictions et de valeurs, un exemple de bonté et d’engagement.

Sa disparition laisse un vide immense, laissant derrière lui le silence et la peine. Une perte pour La Marsa, une tragédie pour sa famille, une désolation pour tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître et pour ceux qu’il a aidés, inspirés et aimés. Par ses gestes, ses paroles, son regard bienveillant et sa droiture inébranlable, il a semé autour de lui des graines d’espoir, de fraternité et d’entraide. Que sa mémoire continue d’éclairer nos chemins et que son souvenir reste à jamais honoré et respecté.

* Historien.

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