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Tunis racontée par Martinelli | Une ville aux mille âmes

Une ville parcourue comme un archipel de quartiers, de voix et de souvenirs : La Goulette des pêcheurs siciliens et la Madone de Trapani, le centre européen avec son architecture Art nouveau et Art déco, la médina des soufis et des écrivains, les banlieues populaires, La Marsa, Sidi Bou Saïd et Carthage. C’est le Tunis que décrit l’Italien Leonardo Martinelli dans ‘‘Tunisi mon amour’’, un voyage au cœur de la ville aux mille âmes, publié en italien aux éditions EDT dans la collection «La Biblioteca di Ulisse», désormais disponible en version numérique et brochée (304 pages, 31 mai 2026).

Ce livre n’est ni un guide touristique, ni un essai anthropologique, ni un reportage au sens strict ; il s’agit plutôt, selon les termes de la note éditoriale, d’un «acte d’amour» pour une ville à la fois pauvre et belle, imparfaite et étonnamment avant-gardiste.

Martinelli parcourt la ville à pied, en train, en taxi collectif, dans des tramways bondés, jour et nuit, traçant un itinéraire circulaire qui commence et revient à La Goulette. Il en résulte un portrait choral de la capitale tunisienne, confié à des musiciens, des chefs cuisiniers, des artistes, des psychanalystes, des cinéastes, des militants, des migrants, des gardiens de maisons ancestrales, des pêcheuses, des DJ, des boxeurs et des survivants. Différents personnages, souvent éloignés par leurs origines sociales et leurs parcours personnels, deviennent les véritables protagonistes d’un voyage qui entrelace l’Afrique et la Méditerranée, la nostalgie italienne et le présent tunisien, le désir de liberté et de nouvelles craintes.

Voyage dans l’Afrique méditerranéenne

    Au cœur du livre se trouve également une tentative de déconstruire les stéréotypes et les simplifications concernant le monde arabe et musulman.

    Le Tunis de Martinelli est une ville contradictoire, sensuelle, populaire et cultivée, marquée par les traumatismes coloniaux mais capable d’inventer des communautés éphémères : une plage, une cuisine, un théâtre, une chanson, une procession, une maison ouverte.

    À La Goulette, écrit l’auteur, «la liberté peut se résumer à une chaise en plastique que l’on traîne où bon nous semble, à une bière à une table en terrasse, à une plage partagée par les riches et les pauvres».

    Acceptation de l’autre et du différent

    Le livre examine également la stratification historique de la Tunisie : Berbères, Puniques, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Espagnols, Turcs, Français et Italiens ont tous laissé des traces tangibles et intangibles. C’est dans cette sédimentation que Martinelli discerne une acceptation potentielle de l’autre et du différent, une tolérance fragile mais perceptible dans le quotidien de la capitale.

    Journaliste, écrivain et animateur radio, Leonardo Martinelli vit à Tunis et écrit sur l’Afrique du Nord pour divers médias italiens. Il a travaillé pendant plus de vingt ans au quotidien Il Sole 24 Ore, notamment à Bruxelles, Tokyo, Montevideo et Paris, et a été correspondant en France pour La Stampa. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur le Chili et l’Uruguay. Avec ‘‘Tunisi mon amour’’, il livre un récit de voyage et de rencontres, mais aussi une déclaration d’amour critique à une ville qui accueille et blesse, unit et sépare, à l’image de la mer qui, idéalement, clôt le voyage : une présence physique, une mémoire méditerranéenne et une frontière mouvante entre départs, retours et coexistence possible.

    D’après Ansamed.

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