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‘‘L’homme de Bizerte’’ de Fabrizio Calvini | Deux vies au bout du chemin

Dans son roman policier ‘‘L’uomo di Biserta’’ («L’Homme de Bizerte»), le romancier italien Fabrizio Calvini situe l’intrigue en Tunisie. Une histoire captivante d’amour, de trésor enfoui et de trafic d’art après la Révolution de 2011. Un amour consumé par le temps, la Tunisie comme refuge et espoir de rédemption, la quête d’un trésor qui se transforme en piège criminel.

Tels sont les éléments centraux de ce thriller (éditions Readaction, Rome, 4 juin 2026, 354 pages) dont le principal protagoniste, Claudio, est chauffeur de voiture de police, prisonnier d’un travail qu’il déteste et d’une vie sans perspectives.

Sa rencontre avec Reno, un acteur en pleine crise existentielle et rongé par l’alcool, marque le début d’une relation qui durera vingt ans.

Unis par une passion pour l’art, l’archéologie et les voyages, ils s’éloignent peu à peu les uns des autres, victimes des frustrations, des illusions perdues et de l’incapacité à trouver un nouvel équilibre.

Un ailleurs convoité et idéalisé

Pour les deux hommes, la Tunisie devient un ailleurs convoité et idéalisé, un espace où fuir la routine et s’interroger sur leur existence. Mais le voyage prend rapidement une tournure obsessionnelle lorsque Claudio et Reno entrent en possession d’un traité islamique consacré aux richesses cachées et aux esprits qui, selon une tradition populaire alimentée par des découvertes historiques, en gardent le secret.

Pour Reno, la possibilité d’un or enfoui se transforme en une quête dévorante ; Claudio le suit, attiré par le charme de son compagnon et l’espoir que l’expérience tunisienne puisse encore lui offrir une échappatoire à son désespoir personnel et affectif.

L’histoire se déroule dans un pays au lendemain du Printemps arabe, en proie au changement, à l’incertitude et aux contradictions, peuplé de figures excentriques, tragiques ou ambiguës. Les destins des protagonistes croisent celui de Fabio, un Italien mystérieux, qui les conduit à Mohamed Khalfini, un riche collectionneur tunisien. Ce qui semble être une étape décisive vers la découverte du trésor se révèle en réalité un piège dans une histoire plus sombre, liée au trafic d’artefacts archéologiques et à une enquête menée par El Ras, un ancien prisonnier fondamentaliste islamique devenu chef de la police.

Désir, mémoire et désenchantement

Entre arrestations, trahisons, meurtres et fausses pistes, le mystère archéologique s’entremêle à la vie privée de Claudio et Reno, exposant la fragilité de leur relation et l’impossibilité de compter sur une aventure exotique pour résoudre leurs propres échecs.

La Tunisie n’est pas seulement le décor de l’histoire, mais aussi un espace narratif où se mêlent désir, mémoire, désenchantement et quête d’une liberté toujours insaisissable. La couverture du livre, dominée par des nuances de bleu, un palmier et les silhouettes de bâtiments méditerranéens, accompagne cette dimension suspendue entre attraction et angoisse, incarnée par la référence éditoriale à «deux vies au bout du chemin», à «l’illusion de la rédemption» et au danger tapi derrière les traces d’un mystère.

Expert en production et organisation théâtrales, Fabrizio Calvini a exploré l’univers de la scène sous diverses formes : de la programmation des grands classiques à la critique journalistique, en passant par son rôle institutionnel au sein de la Commission de la prose du ministère italien de la Culture. Fort d’une expérience dans l’édition et la communication, l’auteur coordonne aujourd’hui des initiatives culturelles autour de la Méditerranée, partageant son temps entre Rome et l’Afrique du Nord.

Traduit de l’italien.  

Source : Ansa.

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