Dans un communiqué publié le 5 juillet 2026, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) a «condamné avec la plus grande fermeté» le jugement rendu le 3 juillet 2026 par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis, condamnant Ajmi Lourimi (à droite sur la photo), secrétaire général du mouvement Ennahdha, ainsi que Moussab Gharbi, à trois années d’emprisonnement.
«Cette condamnation constitue une nouvelle étape dans la politique de répression systématique menée contre les opposants politiques en Tunisie et une illustration supplémentaire de la profonde dégradation de l’État de droit depuis le 25 juillet 2021», a écrit l’Ong tunisienne basée à Paris.
Ajmi Lourimi n’est pas un inconnu de la vie politique tunisienne. Figure historique du mouvement Ennahdha, il appartient à la génération de militants qui ont connu les prisons et la répression sous les régimes de Habib Bourguiba puis de Zine El Abidine Ben Ali. Après la révolution de 2011, il participe à la reconstruction de son mouvement et exerce plusieurs responsabilités importantes : membre du Conseil de la Choura, responsable des affaires culturelles, membre du bureau exécutif, vice-président, puis secrétaire général d’Ennahdha depuis 2024.
«Ancien député, intellectuel reconnu et homme de dialogue, Ajmi Lourimi est considéré, y compris par nombre de ses adversaires politiques, comme l’une des personnalités les plus modérées, ouvertes et conciliantes du mouvement», souligne le CRLDHT. Il ajoute : «Son engagement constant en faveur du dialogue national, des solutions pacifiques et du pluralisme démocratique contraste avec l’image que les autorités cherchent aujourd’hui à lui attribuer».
Ajmi Lourimi, qui est détenu depuis juillet 2024, a été arrêté à Borj El Amri alors qu’il se trouvait en compagnie de Moussab Gharbi et d’une troisième personne, Mohamed Ghanoudi, qui aurait fait l’objet de recherches dans le cadre d’une enquête antiterroriste.
«L’accusation retenue contre lui repose essentiellement sur une prétendue omission de signalement d’une infraction terroriste, c’est-à-dire sur le fait qu’il n’aurait pas dénoncé aux autorités la présence d’une personne recherchée », écrit l’Ong, qui précise que «la personne concernée ignorait elle-même qu’elle faisait l’objet d’une procédure judiciaire» et qu’«aucun avis de recherche accessible n’aurait existé au moment des faits.» «Aucun élément matériel ne démontre qu’Ajmi Lourimi avait connaissance de cette situation. Aucun acte ne lui est reproché pouvant être assimilé à une participation, une assistance ou une quelconque activité terroriste», note encore le CRLDHT dans son communiqué, en précisant que depuis son arrestation, Ajmi Lourimi a passé près de deux années en détention provisoire et que toutes les demandes de mise en liberté introduites par ses avocats ont été rejetées avant que le tribunal ne prononce cette condamnation.
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