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Tunisie | Les risques croissants des feux de forêt pour la faune sauvage

Les répercussions des incendies de forêt en Tunisie ne se limitent plus à la destruction des arbres et de la végétation ; elles affectent de plus en plus la faune et la biodiversité à mesure que le nombre d’incendies augmente et que les surfaces touchées s’étendent. Cette tendance suscite l’inquiétude des spécialistes quant à l’impact du changement climatique sur les écosystèmes, suscitant des appels en faveur d’un plan national proactif pour prévenir ce phénomène et en atténuer les effets.

Sahbi Bedhiaf, directeur de la protection à la Direction générale des forêts, a déclaré à l’agence Tunis Afrique Presse (Tap) que les animaux sauvages peuplant les forêts et les montagnes tunisiennes se répartissent en trois catégories principales : le gibier — notamment les lièvres, les sangliers, les perdrix et le gibier d’eau (comme les canards et les oies) ; les espèces protégées, dont les gazelles sauvages ; et les espèces nuisibles susceptibles d’endommager les cultures agricoles, telles que les étourneaux.

Ces espèces peuplent les forêts tunisiennes, lesquelles offrent les conditions nécessaires à leur survie et à leur reproduction, a-t-il expliqué, en soulignant le rôle du ministère de l’Agriculture dans la réglementation des activités de chasse par le biais de décrets officiels émis par le ministre, dans le but de préserver cette faune, de la protéger contre l’extinction et de favoriser l’accroissement de ses populations.

La Direction générale des forêts — parallèlement à ses efforts de lutte contre les incendies — œuvre à atténuer l’impact du feu sur la faune sauvage en aménageant des points d’eau au sein des forêts ; les animaux dépendent de ces sources, notamment en période de sécheresse et d’épuisement des ressources hydriques naturelles, a indiqué M. Bedhiaf, en classant les menaces pesant sur la faune sauvage en deux catégories : la première englobe le changement climatique et les vastes incendies qui en découlent — des facteurs échappant au contrôle de l’administration — tandis que la seconde a trait aux activités humaines.

Le responsable a exhorté les visiteurs de la forêt et les habitants des zones avoisinantes à respecter les habitats naturels, à protéger les nids, les œufs et les terriers, et à s’abstenir de toute chasse indiscriminée ainsi que de l’usage de substances nocives pour l’environnement.

Il a également appelé les citoyens à faire preuve de vigilance et à signaler immédiatement tout élément susceptible de présenter un risque pour les personnes, les biens ou l’environnement, précisant qu’une évaluation définitive des dégâts écologiques serait réalisée une fois tous les incendies éteints, permettant ainsi de dresser un bilan précis des pertes subies par le couvert forestier et la faune sauvage.

Pour sa part, Karim Toumi, secrétaire général de la Fédération nationale des associations de chasseurs et des associations spécialisées en chasse (Fnacacs), a déclaré que la forêt représente un écosystème intégré réunissant humains, animaux et arbres, chaque élément jouant un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre écologique et la continuité de la vie.

M. Toumi a fait valoir que la fréquence et l’ampleur croissantes des incendies de forêt exigent l’élaboration d’un plan national axé sur la prospective et la prévention pour faire face aux changements climatiques extrêmes, soulignant que les ressources logistiques actuellement allouées à la lutte contre ces incendies demeurent insuffisantes pour relever les défis posés par ce phénomène.

Il a également souligné l’importance de la contribution de la société civile au soutien des efforts de l’État, notamment par le biais de campagnes de sensibilisation intensifiées et d’une présence sur le terrain dans les zones forestières, précisant que la Fnacacs— qui compte environ 14 000 membres à travers le pays — appuie la Direction générale des forêts dans le cadre d’un accord de partenariat entre les deux parties.

De son côté, Kenza Kacem, directrice technique de l’Association tunisienne de la vie sauvage (ATVS), a indiqué que la contribution de l’organisation porte principalement sur la réalisation d’études et de recherches scientifiques concernant la faune sauvage indigène et migratrice, ainsi que sur la mise en œuvre de programmes de sensibilisation visant à promouvoir une culture de préservation de la biodiversité.

Elle a ajouté que le rôle de l’association dans l’atténuation de l’impact des incendies consiste notamment à sensibiliser le public à la nécessité de protéger diverses espèces sauvages — parmi lesquelles les mammifères, les oiseaux et les insectes — car elles constituent des éléments essentiels de l’écosystème.

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